HEDDA

 

Texte: Sigrid Carré Lecoindre

Mise en scène:  Lena Paugam

Interprétation: Lena Paugam

Dramaturgie: Sigrid Carré Lecoindre, Lucas Lelièvre, Lena Paugam

Création sonore: Lucas Lelièvre

Chorégraphie: Bastien Lefèvre

Scénographie: Juliette Azémar

Création lumières: Jennifer Montesantos

Création 2018

« On ne parle jamais de la peur. On ne parle pas de cette peur-là sans visage. Qui arrive sans crier gare et grossit comme une tumeur à l’intérieur du bonheur. On ne parle PAS / de cette PEUR / invisible, qui colonise tout, remplit les maisons, les cahutes, les grottes et cascades GLISSE aux frontons des façades – De cette peur-là qui engorge les fossés. On ne parle pas.

Jamais. Il n’y a pas de mots pour ça. La peur ne tient pas en mots, elle prend tout, dépasse. C’est une toile noire, et bleue foncée – concentrique comme l’amour, LA PEUR – comme la vie. »

 

Extrait de HEDDA de Sigrid Carré Lecoindre.

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LA PRESSE EN PARLE...

"Parce que, parmi les 1500 spectacles du Off, existent d’incroyables pépites, nous abordons le cas Hedda, un monologue de Sigrid Carré Lecoindre sur la violence conjugale, que joue au théâtre de la Manufacture la comédienne Lena Paugam. Un spectacle sidérant dont le public sort en état de choc.

L’exercice du seul en scène est un moment périlleux, tendu, impitoyable qui dépose sur les épaules du seul comédien la totale responsabilité du spectacle. Il faut les avoir solides, ces épaules, pour ne pas vaciller devant le public. Lena Paugam, puisque c’est d’elle que nous parlons aujourd’hui, ne flanche pas. Cette actrice fascinante assume pourtant un texte qui est loin d’être simple. Il est signé Sigrid Carré Lecoindre. Dans ce monologue tout en rupture, en cassure, en césure, en distorsion et contraction de rythme, l’auteur développe une histoire douloureuse mais ne se contente pas de la retracer avec les habituels poncifs. Je m’explique. Hedda est un personnage de fiction. Jeune femme timide, elle rencontre un homme sûr de lui, tombe amoureuse, l’épouse, a un enfant avec. Vie de couple, vie de famille, vie de rêve jusqu’à ce jour fatal où l’homme lève la main sur elle. Elle fait sa valise puis la vide. La refait. La revide. Elle reste. Et c’est l’enfer.

Mais pourquoi, se demande-t-on alors, pourquoi ne part - elle pas ? Et c’est là que la pièce s’enfonce dans l’innommable. En s’éloignant de l’habituelle binarité coupable vs victime, en refusant de s’enfermer, et nous avec, dans la morale, l’auteur creuse un sillon dérangeant, contrariant et très problématique qui place, au dessus des coups physiques et des attaques psychologiques, l’amour inconditionnel que le couple se porte. C’est révoltant et scandaleux, on n’a vraiment pas envie d’entendre ça, mais ce chemin suivi permet d’aller très avant, et jusqu’à la nausée, dans l’entreprise monstrueuse qui voit un homme dénier à une femme toute possibilité de rester un être humain. La violence conjugale est une violence trop souvent privée où se mêlent le silence et l’effroi. Ce spectacle incroyable brise la sidération. Il met des mots sur ce qui ne se dit jamais. Ça n’a rien de plaisant mais le théâtre n’a pas à faire plaisir. Ne ratez pas cette représentation."

Critique de Joëlle Gayot sur France Culture -  Juillet 2018

(https://www.franceculture.fr/theatre/toutes-les-femmes-sappellent-hedda)

 

" TTT - Jeune femme timide, Hedda rencontre un homme sûr de lui. Elle tombe amoureuse, l’épouse, a un enfant. Vie de couple, de famille et de rêve jusqu’à ce jour fatal où l’homme lève la main sur sa femme. Hedda fait sa valise puis la vide. La refait. La revide. Elle reste. Et prend un billet sans retour pour l’enfer. Ce monologue âpre, dur, concret navigue en eaux troubles. Refusant la binarité ordinaire, coupable versus victime, il passe par la bande et s’enfonce, dès lors, dans l’innommable en suggérant qu’au-delà des coups physiques, persiste la possibilité d’un amour réciproque. C’est tendancieux mais terriblement efficace pour que naisse une écoute tendue, aigüe, inconfortable. L’actrice Lena Paugam porte ce texte tout en cassures et ruptures avec une vivacité de chaque seconde qui l’ancre dans un perpétuel présent. Aussi, lorsqu’elle s’effondre à la fin, dans un état plus proche de l’animalité que de l’humanité, on s’effondre avec elle (intérieurement). Rien ne résiste à la violence lorsqu’elle se fait systématique. Cette violence conjugale est encore trop souvent une affaire privée où se mêlent le silence et l’effroi. Ce silence est ici brisé par cet incroyable spectacle. Salutaire."

Critique de Joëlle Gayot sur Télérama - Juillet 2018

(https://www.telerama.fr/scenes/avignon-off-2018-10-spectacles-a-ne-pas-manquer,n5715104.php)

"Sigrid Carré-Lecoindre, inspirée par une des premières affaires médiatisées de violences physiques et psychologiques aux Etas Unis, signe un texte subtil, loin des préjugés et des lieux communs sur la violence, elle interroge les tréfonds de la colère. Celle dont on a autant honte de recevoir que d’infliger. Le point de non retour où plus personne n'est dupe de l’amour, quand on sait qu’il n y a plus aucun refuge à la peur. L’illusion de joie est finie, malgré l’enfant qui est là , malgré les sourires placardés sur le frigo.
Lena Paugam, seule en scène, à la lisière entre conte et slam, porte ce texte avec virtuosité et élégance. Une création contemporaine à la hauteur de ses ambitions, qui pose des questions au delà des limites de la bienséances, sans nous asseoir en otage d’une réponse unique."

 

Extrait de la critique de Floriane Boukghobra parue dans La Provence - Juillet 2018 

 

"Dans le tourbillon du festival d’Avignon, il est parfois de ces petits miracles de beauté, d’intelligence, d’exigence artistique qui réussissent à transcender un sujet difficile et douloureux en une œuvre véritable. Ces petits miracles nous ramènent à une humilité,  nous montrant que le chemin vers l’excellence est possible, qu’elle est synonyme d’émerveillement et d’émotion intense et non pas d’ennui comme un certain discours ambiant voudrait nous le faire croire."

Extrait de la critique de Julia Bianchi parue dans Le Coryphée - Juillet 2018

(https://www.le-coryphee.com/hedda/) 


"La talentueuse Lena Paugam présentait sa nouvelle pièce "Hedda", une histoire d'amour qui finit mal sur fond de violences conjugales. [...]  Hedda raconte la peur, la honte, puis le silence assourdissant. Et la solitude, la quête de l'amour perdu. Hedda, c'est le texte signé Sigrid Carré-Lecoindre, fort, poignant. La pièce est interprétée et mise en scène par la rennaise Lena Paugam, seule en scène, tour à tour Hedda, le mari violent et la narratrice, juste et émouvante." 

 

Extrait de la critique d'Agnès Le Morvan parue dans Ouest France - le 19 avril 2018  

"Une pièce tragique, écrite avec la justesse des mots simples qui touchent, par Sigrid Carré-Lecoindre, et magnifiquement mise en scène et interprétée par Lena Paugam.

Hedda, c'est le nom d'une femme. Il signifie combat. Hedda, c'est aussi l'histoire d'un amour qui serait ordinaire s'il n'était confronté au destin d'une peur domestique, d'une violence quotidienne et des coups que l'on cache. Car Hedda vit une tragédie. Et pour en rendre compte, Sigrid Carré Lecoindre et Lena Paugam ont emprunté les formes les plus classiques de la tragédie, comme celui de la narration extérieure, comme s'il y avait un choeur qui raconte, interprète et interpelle le public. Comme pour réinvestir le théâtre de sa fonction politique de nommer, de faire entendre et de dénoncer, ici, cette violence que l'on tait, pour mettre, enfin, un terme au silence."

 

Extrait de la critique de Marc Bergeron parue dans Ouest France - le 18 janvier 2018

 

"La vie n’est pas manichéenne. Il y a toujours un morceau de yin dans le yang et un morceau de yang dans le yin. Sigrid Carré-Lecoindre et Lena Paugam le savent bien et l’expriment bien. La première pour l’avoir écrit dans ce texte, la seconde pour l’avoir interprété. [...]

Lena Paugam, seule en scène, parlant à la 3è personne, est à la fois la narratrice de l’histoire et la femme du drame. Son expression passe du genre conférencière à une chorégraphie des actions de l’histoire, soutenue par une musique prenante magnifiant l’intensité dramatique. Effectivement, un chorégraphe et un musicien ont collaboré étroitement à la création de cette œuvre.

Il faudrait qu’un maximum de personnes voient ce spectacle, et en particulier les acteurs et victimes de ce type de drame."
 

Extrait de la critique de Patrice Verdure parue dans Le Cri de l'Ormeau - le 17 janvier 2018

 

 

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